Ce que les statuts ne peuvent pas faire
Les statuts lient la société, sont déposés au registre du commerce à la vue de tous et ne peuvent choisir que dans un menu légal limité (art. 626 CO). Ils ne peuvent pas obliger un fondateur à rester, à vendre ses actions à son départ, à voter dans un sens donné, à s'abstenir de concurrence ou à financer la société quand elle en a besoin. Ils ne peuvent pas dire ce qui se passe quand deux actionnaires à 50/50 cessent de s'entendre.
Les statuts peuvent restreindre les transferts, et une société à actions nominatives peut refuser un acquéreur pour les motifs qu'ils prévoient (art. 685b CO). Mais c'est un veto, pas un plan. Tout le reste relève de promesses contractuelles entre les actionnaires eux-mêmes, et c'est précisément ce qu'est une convention d'actionnaires : un contrat privé, invisible au registre, exécutoire entre ses parties. Pour la Sàrl, la même logique vaut sous forme de convention d'associés.
Ce qu'une convention d'actionnaires règle typiquement
- Vesting et clauses de départ : ce qu'il advient des actions d'un fondateur qui part tôt, et à quelles conditions elles sont rachetées.
- Restrictions de transfert : droits de préemption, transferts interdits.
- Drag-along et tag-along, pour qu'une vente de la société soit réellement possible sans laisser personne au bord du chemin.
- Composition du conseil d'administration, décisions réservées et droits de veto.
- Droits à l'information, politique de dividendes et obligations de financement.
- Clauses de non-concurrence et confirmation que la propriété intellectuelle appartient à la société.
- Mécanismes de blocage et de résolution des différends, pour qu'une impasse ait une issue définie.
Rien de tout cela n'a besoin d'être exotique. Une convention ciblée sur ces points est un exercice modeste comparé à ce qu'elle évite.