Les frais suivent le sort de la cause, avec de vraies limites
Les tribunaux suisses répartissent les frais selon l'issue du procès (art. 106 CPC). Celui qui perd supporte en règle générale les frais judiciaires et doit indemniser la partie adverse pour sa représentation ; celui qui gagne se les voit allouer. Celui qui gagne partiellement, l'issue de la plupart des affaires commerciales avec certaines prétentions admises et d'autres rejetées, voit les deux postes répartis en proportion du résultat. L'art. 95 CPC définit ces deux postes séparément : frais judiciaires d'un côté, dépens de l'autre. Une partie qui réclame agressivement et obtient la moitié a, en termes de frais, perdu à moitié.
Deux traits du système méritent votre attention avant de déposer une demande. Les tribunaux exigent en général du demandeur une avance sur les frais judiciaires attendus : un procès demande des liquidités au départ, pas seulement à la fin. Et face à certains demandeurs, typiquement ceux qui n'ont pas de siège en Suisse, le défendeur peut exiger des sûretés en garantie de ses dépens avant que la procédure ne continue (art. 99 CPC).
Pourquoi le tarif vous indemnise rarement en plein
Les dépens que le perdant vous doit ne sont pas la note d'honoraires de votre avocat. Ils sont calculés selon des tarifs cantonaux, dont l'art. 96 CPC laisse la fixation aux cantons, déterminés pour l'essentiel par la valeur litigieuse et ajustés selon la complexité de l'affaire. Dans les litiges commerciaux âprement disputés (dossiers volumineux, expertises, échanges d'écritures multiples), les heures réellement travaillées dépassent régulièrement ce que le tarif envisage. La différence reste à votre charge, que vous gagniez ou perdiez.